Le pastoralisme est une adaptation aux environnements marginaux caractérisés par des incertitudes climatiques et des ressources de catégorie inférieure. Il regorge de valeurs économiques considérables et de potentiel latent dans les milieux arides, et est capital pour la vie et le bien-être de millions de pauvres de par le monde. Cependant, l'état du savoir sur ce secteur de l'économie est faible. Le pastoralisme n'est pas quelque chose qu'il faut tolérer en attendant l'avènement d'une alternative "moderne" pour le remplacer: c'est un système sophistiqué de production et de gestion des terres qui a lui-même été modernisé dans beaucoup de pays; et il est irremplaçable dans les environnements extensifs.
Or, malgré la surabondance de preuves prouvant le contraire, beaucoup de décideurs politiques considèrent le pastoralisme comme étant archaïque et économiquement irrationnel, et qu'il est donc nécessaire de moderniser ou de remplacer. Ce type de conclusion est basé sur une vision étriquée de ce qui constitue la valeur dans les systèmes pastoraux. Les politiques résultant d'une telle façon de penser continuent de dévaloriser le pastoralisme, quelquefois aux grands dépens des économies nationales et de l'environnement naturel.
Cette revue a deux grands objectifs: examiner l'état du savoir sur les économies pastorales à travers le monde, et; utiliser un cadre d'Evaluation Economique Totale pour identifier les importantes lacunes en termes de savoir. Sur la base des résultats, le rapport analyse les tendances dans les économies pastorales et les options politiques pouvant appuyer de manière plus efficace les économies des milieux arides.