Apprendre de l'offre des services sociaux aux pasteurs: éléments de bonne pratique

Au cours du siècle dernier, les zones pastorales ont constamment été négligées par les gouvernements dans les programmes de développement et dans la mise en place des services publics. La scolarisation et la santé sont perçues comme des ‘biens sociaux’, mais leur offre est généralement faible ou inexistante dans les contextes pastoraux.

Esther Schelling, Daniel Weibel et Bassirou Bonfoh | Novembre 2009

Les gouvernements se servent souvent de la difficulté à fournir des services aux pasteurs mobiles comme raison pour promouvoir la sédentarisation. Or, de nombreuses études récentes montrent que la production pastorale de bétail contribue de manière substantielle aux Produits Intérieurs Bruts nationaux des pays sahéliens, du Proche et Moyen Orients, ainsi que d’Asie Centrale et Intérieure, et que le système de production mobile favorise une utilisation durable des ressources naturelles et des écosystèmes semi-arides fragiles.

L’absence de services sociaux tels que l’éducation primaire, les services de santé, les infrastructures (par exemple, l’eau potable, les routes, et les marchés), autant de services qui promeuvent la consolidation de la sécurité et de la paix dans les zones pastorales, peut modifier les modes de pâturage et conduire à l’adoption de modèles écologiquement destructifs ; car cela amène certains groupes à réduire leur mobilité et à préférer s’installer près des centres urbains disposant de services sanitaires et éducatifs ou à éviter les contacts avec les autres communautés en cas d’insécurité. L’on sait encore très peu sur l’offre de services adaptés dans les zones pastorales et sur la réalisation de l’équilibre entre les humains, le bétail et l’environnement.

Le Swiss Tropical Institute, Bâle, Suisse et le Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte-d’Ivoire, Abidjan, Côte-d’Ivoire.
Pour l’Initiative Mondiale en faveur du Pastoralisme Durable (WISP)

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