Les pasteurs dans le sud de l'Éthiopie:

Dépossession, accès aux ressources et dialogue avec les décideurs

En dépit de leur contribution économique, les pasteurs éthiopiens ont fait l'objet d'une marginalisation politique. Il y a de plus en plus de tendances de dépossession de terres pastorales en faveur de projets de développement qui appauvrissent les sociétés pastorales, restreignent leur accès aux ressources naturelles et limitent leur mobilité

Rapport 53 du GCoZA | Eyasu Elias | Octobre 2008

Le pastoralisme fournit à la fois un moyen de subsistance et un mode de vie pour des millions de personnes en Ethiopie. Il apporte une contribution significative à l'économie nationale tant en termes d'appui à leurs familles qu'en termes de recettes d'exportation d’animaux vivants et de produits animaliers (viande, cuirs et peaux). En dépit de leur contribution économique, les pasteurs éthiopiens ont fait l'objet d'une marginalisation politique. Il y a de plus en plus de tendances de dépossession de terres pastorales en faveur de projets de développement qui appauvrissent les sociétés pastorales, restreignent leur accès aux ressources naturelles et limitent leur mobilité. Le mode de vie pastoral fondé sur la mobilité est perçu comme arriéré et comme devant être transformé. Les efforts de développement du gouvernement ont tendance à se concentrer sur la sédentarisation des pasteurs en faveur de la culture au lieu du nomadisme transhumant. Les politiques ont essayé de mettre en œuvre des plans de développement imposés de l'extérieur qui le plus souvent ont inclus l'aliénation et l'expropriation des terres pastorales en faveur d’activités commerciales à grande échelle.

Cette étude examine attentivement les diverses formes de spoliation des terres, tels que l'appropriation illicite de terres pour l'agriculture, des grandes exploitations privées ou des projets industriels et les impacts de l'aliénation des terres sur les moyens de subsistance des pasteurs au niveau des ménages dans les sites des cas d'étude.

L'étude a révélé que 100% des ménages Karaaux et 79% des ménages Borenas ont perdu leurs ressources en terme de pâturages et d'arrosage traditionnels dû à des utilisations non pastorales. Les causes de l'aliénation des terres sont nombreuses et complexes, mais les principales sont notamment l'aliénation de l'État pour la production commerciale et délimitées comme des parcs nationaux et des ranchs pour la conservation de la faune et des différends frontaliers impliquant des conflits tribaux. Il y a beaucoup de ressources en terme de pâturages et d'abreuvement traditionnels qui ne sont plus accessibles pour des utilisations pastorales.

Enfin, le rapport fait des recommandations spécifiques:

Reconnaissance des droits de groupes d'utilisateurs

Appui juridique pour les institutions coutumières

Considérations écologiques

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