Les principaux intrants agricoles utilisés dans la zone et pris en compte dans cette étude sont, entre autres, les engrais chimiques, les semences améliorées, les pesticides et les technologies d’irrigation, qui constituent les principaux éléments de paquets mis en œuvre durant la Révolution Verte précédente. Environ 73% des fermiers modèles utilisaient de l’engrais durant l’année de production précédente. L’application d’engrais était sub-optimale surtout durant la champagne 2008 en raison des prix excessifs des engrais. Environ 71% et 68% des fermiers modèles utilisaient des semences améliorées et des pesticides, respectivement. 10% seulement des semences améliorées dans la zone étaient fournies à travers le système de vulgarisation (nouvelles livraisons) tandis que la plupart des fermiers échangeaient les graines de semences améliorées produites sur la ferme. Etant donné que les variétés améliorées étaient introduites depuis plusieurs années, la vitalité de quelques-unes des semences était perdue bien que les fermiers continuent d’appeler la variété une variété améliorée. L’application de certaines de ces technologies, en particulier les pesticides, se fait sans compétences appropriées, ce qui occasionne des intoxications des personnes et des animaux.
L’usage de technologies agricoles améliorées a eu des impacts à la fois positifs et négatifs. Les impacts positifs sont liés aux améliorations économiques et sociales: augmentation des rendements céréaliers, changements d’habitudes alimentaires particulièrement en termes d’adoption de l’irrigation, amélioration de la santé, augmentation des avoirs et amélioration des conditions de vie. En plus, l’usage d’intrants agricoles améliorés a amélioré l’intégration des marchés et provoqué une forte demande d’activités agricoles. Les fermes de petits exploitants et les compagnies de fleuristes fournissent des opportunités d’emplois occasionnelles pour les travailleurs saisonniers d’Amhara, de SNNPR et des parties septentrionales d’Oromia. Les impacts sociaux d’intrants améliorés comportent une participation accrue des femmes aux activités économiques et aux prises de décisions, l’habilitation des femmes en termes d’utilisation des revenus, d’informations et d’échanges de connaissances, et d’augmentations de l’épargne.
Les impacts négatifs sont liés aux impacts des pesticides sur la santé humaine et animale en raison du mauvais usage et des abus. D’autres impacts sont la baisse de diversité des variétés culturales, la baisse constante des pratiques traditionnelles de gestion de la fertilité des sols en raison de l’utilisation d’engrais et de pesticides, et l’augmentation des inégalités de richesses chez les usagers et les non-usagers.
La conclusion générale dans ce rapport est qu’il y a quelques conditions préalables pour une Révolution Verte en Afrique en général et en Ethiopie en particulier, plus spécifiquement, le renforcement des capacités institutionnelles en matière de génération de technologie agricole, de dissémination et d’usage d’appui technique aux paysans (qui font de l’agriculture commerciale et aussi de l’agriculture de subsistance), en établissant des systèmes d’approvisionnement en intrants efficaces, des cadres réglementaires, des liens de marchés, la responsabilité pour les dégâts environnementaux, et le ciblage approprié de l’agro-écologie avec des paquets distincts de technologies agricoles.