Gestion Rationnelle des Ressources Pastorales

Les conflits sont de plus en plus nombreux et violents entre éleveurs et agriculteurs du fait du rétrécissement des couloirs de passage des animaux obstrués par des extensions des cultures de décrue, et entre éleveurs sédentaires et mobiles autour des espaces de pâturage de décrue dans les lacs.

Justification

La bande sahélo saharienne occupe plus de 50% du territoire malien. Sa population est composée par différents groupes ethniques sédentaires et des pasteurs mobiles. Environ 30 % de la population adoptent un mode de vie pastorale qui est caractérisé par un élevage extensif axé sur la mobilité comme technique de production. Le rétrécissement continu des ressources en eau et en pâturage et l’augmentation de la population humaine et animale ont conduit à une forte pression sur les ressources naturelles détruisant progressivement la complémentarité et la cohabitation entre les activités agricoles et d’élevage.

Par exemple, le sud-ouest de Tombouctou (zone des lacs Faguibine, Fati, Télé et Horo) et les localités de Gavinané, Koréra Koré, Bagnéré et Trougoumbé au sahel Occidental constituent des zones de transit pour les éleveurs mobiles.

Les conflits sont de plus en plus nombreux et violents entre éleveurs et agriculteurs du fait du rétrécissement des couloirs de passage des animaux obstrués par des extensions des cultures de décrue, et entre éleveurs sédentaires et mobiles autour des espaces de pâturage de décrue dans les lacs.

Objectifs

Le projet contribue ainsi à l’objectif d’accès équitable aux ressources naturelles pour assurer la sécurité alimentaire ce qui est l’un des objectifs du GCoZA Mali. Pour atteindre ces objectives le projet développe et vulgarise de techniques appropriées de régénération des pâturages sahéliens. En plus de cela, le projet développe aussi un modèle de gestion concertée et d’accès aux ressources naturelles

Activités

Les activités que proposent CARE et OMADEZA dans les cercles de Goundam et de Nioro du Sahel visent à réhabiliter le système pastoral sur la base de mécanismes traditionnels tout en mettant en avant les responsabilités des acteurs locaux (éleveurs mobiles et agro éleveurs sédentaires).

Les activités planifiées pour l’année 2010 sont :

Ateliers /réunion processus de validation des mécanismes de gestion RN

La Validation des mécanismes de GRN,

La Tenue de deux ateliers de validation des mécanismes de GRN à Goundam et Nioro du Sahel

La tenue d’un atelier de restitution et capitalisation de l’ensemble des résultats des deux études à Bamako pour le réseau GCOZA Mali.

Résultats attendus 

Les effets immédiats du projet sont que les animaux auront des conditions nécessaires (pâturages, eau et terre salée) pour une meilleure productivité. Ainsi la production de lait, beurre et fromage pour l’entretien du ménage (nourriture, santé, éducation, etc.).

La consolidation d’une dynamique durable de paix sociale à travers la gestion concertée des ressources pastorales basée sur des conventions locales connues et respectées. Le modèle développé pourrait servir aux communes et à l’Etat du Mali d’une Commission Foncière Locale (CFL) qui sera le premier niveau d’arbitrage des nombreux conflits fonciers ruraux. CARE et les autres organisations membres de GCoZA pourront également poursuivre la promotion d’un tel modèle au-delà du projet.

Ceci doit à terme aboutir à :

  • Une réduction du séjour des troupeaux au niveau des lacs en général et du lac Télé en particulier. Cette réduction recherchée du séjour des troupeaux dans les lacs, est de nature à écourter la durée de la pression sur les pâturages lacustres.
  • Une sécurisation du déplacement des troupeaux au cours de leur transhumance, à travers une approche de gestion concertée des parcours pastoraux ;
  • Une réduction des risques de conflits liés à la transhumance et au séjour des troupeaux au niveau des lacs.

Les activités de recherche opérationnelle ont porté sur les techniques locaux de regénération des paturages et les mécanismes de gestion concertée des ressources. Au cours des études, Il est apparu que plusieurs programmes et projets en cours de réalisation s’inscrivent directement dans le cadre de la protection, la valorisation et la gestion rationnelle des ressources pastorales du cercle.

Impact à long terme

A long terme, la régénération des pâturages autour des puits pastoraux et dans les zones de transit et d’attente aura un impact significatif sur l’accès sécurisé aux ressources (eau, pâturages, terre salée) nécessaires à l’activité économique des pasteurs mobiles. Ceci permettrait également aux nomades éleveurs de mieux organiser leurs parcours et de faire une utilisation optimale mais rationnelle des pâturages et des points d’eau.

La disponibilité des pâturages dans la zone combinée avec un mécanisme de gestion concertée des ressources naturelles contribuera à une réduction sensible de la pression sur les ressources naturelles de plus en plus rares et des conflits entre usagers aux intérêts divergents.