Devant une telle complexité, il apparaît une impérieuse nécessite d’orienter les efforts de la recherche vers le couplage entre le climat et l’agriculture suivant l’approche système. Ceci implique la reconnaissance de deux éléments essentiels du système de production: l’environnement et la gestion du système, et leurs interrelations (interactions). Par environnement, on entend les éléments exogènes (physiques, climatiques, institutionnels et socioéconomiques) que le système subit sans pouvoir les modifier, du moins à court terme. Par gestion du système, on entend les éléments endogènes (les itinéraires techniques, les spéculations, l’emploi des ressources et l’utilisation des produits générés) du système que l’on peut modifier (Zandstra et al., 1981).
Suivant ce principe et à la différence des projets écoferme et établissement des cultures vivrières arrivés à terme, cette nouvelle activité, forte des expériences acquises, se focalisera surtout sur la création d’un environnement sol - eau - plante dont la fertilité (organo –minérale), les conditions hydrodynamique du sol, et climatique s’améliorent par l’intégration de techniques éprouvées pouvant atténuer en même temps, les effets néfastes des changements climatiques à l’échelle du champ de culture. Il est reconnu sur le plan agronomique que ces effets néfastes du climat s’amplifient sur des sols pauvres en nutriments, en matière organique/carbone et ayant une mauvaise capacité de rétention en eau. Ceux-ci sont des caractéristiques de la plupart des sols des zones sahélienne et soudano sahélienne (PIRT, 1983).
Des activités sous forme d’essais et tests seront menées respectivement en station et en milieu paysan, sur les techniques telles que la séquestration du carbone à travers des cultures intercalaires et la technique des cuvettes. Il s’agit d’introduire des techniques qui confèrent à l’environnement sol – eau - plante à l’échelle du champ, une stabilité dans la croissance et le développement des cultures. Ces techniques se focalisent sur l’amélioration voire l’enrichissement des conditions de sol (propriétés physique et chimique) qui luttent contre le réchauffement et la pénurie de l’eau du sol. Ces contraintes constituent en partie des effets immédiats et cruciaux du phénomène des changements climatiques que subissent les producteurs et productrices.