Impact de la Certification des Terres sur la Gestion Durable des Ressources Foncières

Cette étude va examiner l’impact de la redistribution et de la certification des terres en termes d’aménagement durable des terres et de sécurité alimentaire dans les zones arides de la région de l’Amhara.

Justification

Un des principaux problèmes environnementaux en Ethiopie est la dégradation des terres qui se manifeste sous forme d’érosion, de formation de rigoles, de perte de fertilité et de perte sévère d’humidité du sol. L’échelle de cet aménagement non durable du sol s’est agrandie en raison de la mauvaise gestion de la terre telle que la déforestation, le surpâturage, la culture excessive et les pratiques agricoles inappropriées sans appliquer de mesures de conservation du sol. Ce problème a été attribué en partie au manque de droits de propriété foncière. Les paysans ont le droit d’utiliser la terre mais n’ont pas le droit de transférer la propriété de la terre à d’autres dans le cadre de la vente ou d’échange contre une autre propriété.

Conscient de l’importance du problème, en 2000, l’ Amhara National Regional State (ANRS) a présenté la proclamation sur l’Administration et l’Usage des Terres Rurales (Proclamation No. 46/2000) en dépit de l’absence d’une telle politique au niveau fédéral (ANRS, 2000). La proclamation définissait le droit de possession et le droit d’usage, les droits de location et d’héritage de l’exploitation des terres. Les objectifs déclarés des politiques sont d’assurer les droits d’exploitation foncière à long terme des propriétaires terriens et d’encourager la productivité et le développement durable. Elle vise aussi à initier un sens de sécurisation des droits entre les exploitants terriens afin de les encourager à sauvegarder le sole et soutenir ainsi sa productivité. A la suite de la proclamation, des activités de certification des terres ont été menées dans la Région. En conséquence, environ deux millions de ménages disposant de plus de 2 millions d’hectares de terres se sont vu attribuer un premier carnet de certification jusqu’en 2009.

Toutefois, les opinions divergent quant aux effets de la certification des terres. Hoben (2000) déclare que le système actuel a des effets nuisibles sur la productivité agricole et la conservation des ressources naturelles parce qu’il ne garantit pas la sécurité de tenure et sape la motivation. Les controverses entre l’objectif de la proclamation et ce qui se passe réellement sur le terrain doivent être étudiées.

Objectifs

Cette étude vise les principaux objectifs suivants:

Examiner l’impact de la certification de terre sur les investissements à long terme et la gestion durable des ressources foncières dans les zones arides de l’Amhara National Regional State.

Examiner la perception des paysans sur la certification et la propriété foncière.

Examiner la question de savoir si oui ou non la certification des terres a apporté chez les paysans la confiance dans les droits d’usage des terres et renouer avec les bonnes initiatives de gestion foncière.

Examiner la question de savoir si la certification de terres a encouragé la productivité et le développement durable

Evaluer les impacts de la certification de terres sur les groupes marginalisés de la société.

Formuler des recommandations à l’endroit des décideurs.

Activités

Les activités spécifiques suivantes seront menées dans le cadre de ce projet de recherche :

Consultation avec les parties prenantes appropriées.

Collecter des données au niveau des ménages, des informateurs clés et des discussions en groupes thématiques, en plus de la collecte de données secondaires.

Analyse de données, synthèse de résultats et rédaction de rapports

Partage d’informations avec les acteurs concernés

Préparation de document de politique générale et de document de stratégie de suivi

Atelier

Résultats attendus 

Les ONG obtiendront des informations de première main sur l’impact de la certification de terres sur la gestion des ressources foncières, et pourront utiliser cela dans la planification de projets de développement.

Les informations à générer seront d’un apport considérable aux décideurs dans la prise de decisions en vue d’une gestion durable des ressources foncières dans la Région de l’Amhara.

Les membres de GCOZA utiliseront les résultats pour influencer les politiques au niveau local, national et international.

Les scientifiques auront des informations de première main sur la question, et utiliseront cela pour actualiser leurs matériels didactiques.