Analyse des Institutions Sociales Indigènes et de leur Rôle dans les Conditions de Vie en Milieu Rur

Cette étude contribuera à faire comprendre le rôle des institutions et des organisations locales dans la conception, l’exécution de stratégies (telles que la gestion de risques de catastrophes), et aussi le rôle des autorités locales dans l’édification de capital social communautaire pour l’adaptation aux risques et la gestion durable des ressources naturelles.

Justification

Une étude antérieure du GCOZA avait fourni une analyse approfondie des déterminants de l’insécurité alimentaire des ménages et des mécanismes d’adaptation utilisés dans trois zones sélectionnées du SNNPR (notamment  les zones de Sidama, Guarghe et Wolaita).  Cette étude a abouti à un certain nombre de résultats clés et de recommandations de politique générale eu égard à la baisse du haut niveau d’insécurité alimentaire dans les zones d’études. L’un des principaux besoins de recherche identifiés dans cette étude était le rôle des facteurs institutionnels locaux dans la sécurité alimentaire et la gestion des ressources naturelles. L’étude a donc recommandé que des investigations supplémentaires soient menées sur ces questions afin de permettre aux exécutants de programmes de mieux utiliser les potentiels au cours des interventions.

Les témoignages provenant d’autres pays suggèrent que lorsque le mécanisme sociétal fonctionne bien, les chocs spécifiques touchant les ménages ne requièrent pas toujours d’interventions extérieures. Aussi, l’exécution d’activités de développement rural au niveau local, la mobilisation de la participation au niveau local, et la gestion des urgences au niveau local avec des liens conscients avec la reconstruction, la prévention et la préparation requièrent l’apport central d’institutions sociales locales.

Il y a des preuves qu’au nom du “développement”, les institutions locales qui étaient jadis très fortes sont maintenant en train de se fissurer et de se désintégrer dans plusieurs régions en zones rurales de la région. Par conséquent, la résolution de questions, dans une région qui est un creuset de plusieurs groupes ethniques avec des institutions locales et indigènes définies avec un rôle bien établi traditionnellement prouvé de facilitation de forums pour l’auto-gouvernance locale, peut fournir des idées aux chercheurs et aux décideurs sur la façon dont le problème pourrait être maîtrisé.

Objectifs

Le principal objectif de l’étude est d’examiner les problèmes existants liés à la gestion des ressources naturelles et à la sécurité alimentaire et de documenter la contribution des dispositions socio-institutionnelles locales aux conditions de vie en milieu rural (surtout en ce qui concerne la sécurité alimentaire et la gestion des ressources naturelles) dans certaines régions du SNNPR. Les objectifs spécifiques sont les suivants:  

i) Evaluer le type d’institutions locales et d’arrangements existants dans les régions sélectionnées et évaluer l’influence des facteurs institutionnels sur les decisions de gestion.

ii) Explorer et cartographier le dispositif d’ensemble, l’organisation et les mécanismes de travail des facteurs institutionnels sociaux dans la zone d’étude.

iii) Identifier le rôle de ces institutions dans la sécurité alimentaire des ménages dans les zones de l’étude.

iv) Examiner la principale contribution des institutions indigènes locales dans la Gestion et la Conservation des Ressources Naturelles.

v) Faire une analyse comparative inter-culturelle des rôles des facteurs et arrangements institutionnels locaux entre les trois groupes culturels sélectionnés.   

vi) Sensibiliser et permettre la compréhension du problème au sein des décideurs et acteurs pertinent, et créer ainsi des alliances et des liens eu égard à la question qui est objet de discussion.

Activités

Les activités du projet couvrent trois phases: notamment, la phase préparatoire, la phase d’exécution et la phase de préparation de rapports/dissémination. La première phase comporte la revue documentaire, les visites préliminaires sur les sites d’études et la cartographie sociale, le développement de listes de vérification pour la collecte d’informations auprès de groupes cibles au niveau individuel, familial et communautaire. La deuxième phase sera consacrée à la collecte de données, à l’organisation et à l’analyse des données, et à la préparation du projet de rapport. Durant la troisième phase, tous les efforts seront déployés pour utiliser les résultats à travers le partage de résultat avec les parties prenantes et les décideurs concernés au niveau régional à travers un atelier. Sur la base de l’identification des diverses institutions  indigènes et arrangements sociaux et la réalisation de l’analyse, les 60 informateurs clés (administrateurs gouvernementaux locaux, leaders religieux, agents de vulgarisation, ONG locales) bénéficieront d’une formation intensive sur les moyens éventuels de renforcer les institutions sociales indigènes.

Résultats attendus 

i. Les principaux types d’arrangements institutionnels locaux, leurs formes, organisations, et mécanismes de travail seront explorés.

ii. On examiner des comparaisons interculturelles des arrangements institutionnels locaux en tant que mécanismes d’adaptation de la sécurité alimentaire du ménage et de la gestion des ressources naturelles dans les zones d’étude.

iii. Le rôle des différentes institutions locales par rapport aux conditions de vie en milieu rural sera identifié.

iv. Sur la base des résultats, on identifiera certains problèmes et défis dominants d’arrangements institutionnels locaux

v. Sur la base des principaux résultats, des recommandations pratiques seront envoyées concernant la sécurité alimentaire des ménages et la gestion des ressources naturelles dans les zones de l’étude.

Cette étude contribuera à la compréhension du rôle des institutions et organisations locales dans la conception et l’exécution de stratégies (telles que la gestion de risques de catastrophes), et le rôle des autorités locales dans la construction de capital social pour s’adapter aux risques et à la gestion durable des ressources naturelles. Les principales parties prenantes devront normalement envisager les résultats dans leurs activités de planification et d’exécution. L’Université Hawassa, par exemple, utilisera le résultat de l’étude dans l’enseignement en classe et partagera les résultats avec les étudiants et le personnel pour une compréhension commune du problème. Le bureau de l’Agriculture et du Développement Rural au niveau local et régional peut retenir les recommandations les plus importantes relatives à la sécurité alimentaire et à la gestion des ressources naturelles et incorporer ensuite ces résultats dans leurs activités de planification et de mise en œuvre. Les bureaux locaux et régionaux de la culture et des affaires sociales peuvent retenir certaines des recommandations les plus importantes relatives au dynamisme et à l’organisation des institutions sociales indigènes en vue de les réhabiliter, les moderniser, et les renforcer. Etant donné que les résultats de l’étude seront communiqués aux bénéficiaires éventuels (à travers des programmes de plaidoyers organisés), les leaders publics et locaux peuvent utiliser l’opportunité de réorganiser, réhabiliter et renforcer les institutions sociales indigènes locales.