Changements et menaces auxquels sont confrontés les nomades dans les zones arides

Le Soudan, en général, et la zone de l’étude, en particulier, abrite la plus nombreuse population pastorale traditionnelle dans le Sahel Africain. La majeure partie de cette population pastorale habite dans les zones peu denses, sèches et marginales, très loin des centres de décision économique et politique.

Justification

Les sécheresses fréquentes, les épidémies et les ravages de guerre civile au sud et les conflits internes au Darfour ont leur impact négatif sur le pastoralisme. En plus, l’expansion de l’agriculture traditionnelle et de l’agriculture pluviale mécanisée dans les parties méridionales de la région ont graduellement diminué les zones de pâturages et les distances et les nombres des routes de migration et ont par conséquent augmenté les conflits sur les ressources. La situation est exacerbée encore par le déplacement des zones agro-climatiques vers le sud du fait du changement climatique (les hauteurs de pluies annuelles ont diminué en passant de 425 mm/an durant la période s’étalant de 1941à 1970 à environ 360 mm/an durant la période de 1970-2000), empêchant les petits paysans et pasteurs de soutenir les niveaux de production nécessaires pour assurer la sécurité alimentaire de leurs ménages.

Les informations concernant les changements dans le pastoralisme sont très rares. Par conséquent, une étude approfondie pour enquêter sur la situation actuelle des nomades accroîtra les connaissances sur les changements et les menaces existantes contre leur mode de vie. Cela pourrait mieux aider les planificateurs et les décideurs à formuler des politiques de lutte contre la pauvreté et les conflits et de promotion de la sécurité alimentaire pour ces communautés vulnérables dans les conditions des terres arides.

Objectifs

Ce projet devrait doter les membres du GCOZA, décideurs et autres parties prenantes de connaissances sur les conditions de vie des communautés pastorales (nomades) pour assurer une application correcte des politiques/stratégies de sécurité alimentaire et de prévention des risques dans les zones arides du Kordofan Septentrional. Cela contribuerait à créer une meilleure compréhension de l’économie familiale nomade et des stratégies d’adaptation dans des systèmes de fluctuation bio-socio-économique. Le projet entend mener une étude approfondie et une enquête de la situation actuelle des nomades à la lumière des situations en cours de changement actuelles (environnement, sécurité, situation alimentaire). L’objectif est d’aider les décideurs, les communautés locales et les techniciens à entamer les mesures et les actions nécessaires en vue d’améliorer la sécurité alimentaire et les conditions socio-économiques de ces groupes vulnérables dans les zones arides. Cela se fera à travers la réponse aux questions de recherche suivantes:

1. Evaluer la condition et la composition des parcours.

2. Déterminer les structures, composition et productivité des troupeaux.

3. Définir les contraintes et les menaces contre les conditions de vie des nomades et leurs animaux.

4. Déterminer les changements et les stratégies environnementaux et socio-économiques suivis pour faire face  à ces changements.

5. Esquisser des interventions appropriées nécessaires pour améliorer la productivité et la situation de sécurité alimentaire dans les systèmes nomades.

Activités

Une étude sera menée pour enquêter sur les communautés nomades des zones arides du Soudan occidental, en prenant le cas de la tribu nomade Shanabla/kababish. Les activités prévues seront, entre autres:

a. Des mesures directes de terrain seront prises pour:

i. l’évaluation des conditions et de la productivité des parcours: des secteurs le long des routes de migration d’une tribu Shanabla et/ou Kababhish seront choisis au hasard et les composantes et attributs des parcours seront mesurés.

ii. Certains troupeaux et certaines volées nomades seront choisis au hasard et la structure et la composition du troupeau/de la volée seront déterminées.

iii. Quelques estimations de productivité sur la production laitière, la progéniture, « offtake », seront collectées et comparées avec des données de base (disponibles).

b. Enquête: On utilisera des approches participatives utilisant des discussions en groupes thématiques et des enquêtes d’informateurs clés pour collecter des données sur : 

i. Les rôles de différents membres de familles/farig (hommes et femmes) dans des activités et tâches liées et contribuant à la sécurité alimentaire (rassemblement de troupeaux, traite,  commercialisation, traitement, activités hors farig, etc.)

ii. Les points de vue des nomades sur les changements dans les indicateurs. Ces indicateurs pourraient être la disparition de certaines plantes savoureuses de parcours, les changements dans la productivité animale, l’épuisement de sources d’eau, les voies et distances de migration, les activités hors –farig (tant pour les femmes que pour les hommes) etc.

iii. Les connaissances indigènes sur les tactiques de garde d’animaux, la gestion de pâturages, la santé animale, la préservation et la transformation d’aliments, etc.  

iv. Contraintes auxquelles sont confrontées leurs conditions d’existence.

v. Stratégies d’adaptation pour s’adapter ou mitiger les changements (environnementaux, socio-économiques)

c. On organisera un atelier à la fin de l’étude pour présenter les résultats et avoir un plan de travail pour les activités et les interventions. Les résultats seront utilisés à travers une meilleure sensibilisation des décideurs, des techniciens, ONG, projets de développement, et dirigeants locaux.  

Résultats attendus 

a. Information sur la condition et la composition des parcours, la structure des troupeaux; la composition et la productivité, les contraintes et les menaces, les changements et les stratégies d’adaptation. Les attributs de parcours et les indicateurs d’état (composition, couverture de la végétation, productivité, densité d’espèces de broutilles, etc.), indicateurs de productivité de troupeaux et de volées (production, mortalité, structures et composition, « offtake », etc.) seront mis en relation avec les données de base afin d’évaluer le changement et l’orientation.

b. Définir les contraintes auxquelles font face les nomades et proposer des voies éventuelles de surmonter ces contraintes. Ces contraintes pourraient être environnementales (changement climatique), d’origine humaine (accroissement de la population et comportements), politique (augmentation de la superficie cultivable au détriment des parcours de pâturage et des voies de migration), etc. La situation actuelle sera mise en relation avec les données de base pour évaluer le degré de changement et comment les stratégies d’adaptation ont pu mitiger ces impacts négatifs.

c. Influencer les décideurs pour formuler des politiques contribuant à résoudre les problèmes de ces communautés (ateliers, dissémination des résultats à travers la station de radio locale, les agents de vulgarisation, etc.)