Dans la zone sahélienne la pluviosité aléatoire exerce non seulement des incidences considérables sur la productivité des systèmes de culture mais aussi contribuent à la dégradation du couvert végétal avec disparition systématique de certaines espèces végétales comme le palmier dattier.
Le palmier-dattier est l’arbre le plus caractéristique du paysage végétal sahélien. Il est surtout cultivé dans les régions au climat chaud et sec.
Le dattier sahélien se distingue par son tronc droit et élancé de 10 à 20 m de haut et par la touffe de feuilles pennées qui le couronnent. Ses grandes feuilles d'un beau vert sont fixées sur une nervure centrale et s'ouvrent en éventail sur près de 3 m de long ; on en tire parfois des cires appréciées. Les éperons des plants femelles portent chacun entre 200 et 1 000 dattes, réunies en grappes de quelques grammes à 12 kg. Un seul dattier peut produire chaque année jusqu'à 270 kg de fruits.
Le dattier sahélien commence à donner dans sa huitième année et atteint sa maturité vers trente ans et ne décline qu'au bout d'une centaine d'années. L'inflorescence en épi ou en panicule des fleurs mâles est traditionnellement coupée peu avant que les étamines n'arrivent à maturité et suspendue parmi les fleurs du plant femelle de manière à aider la pollinisation. Cet arbre était considéré comme la providence des populations sahéliennes (agriculteurs et éleveurs) et contribuait largement au renforcement de la sécurité alimentaire locale par la génération de revenus sûrs venant de la vente de ses fruits et de des différents usages de ses feuilles. Ses fruits sont des drupes très sucrées d'une grande valeur nutritive (58% de sucre, 2% de lipides, de protéines et de sels minéraux) qui constituent une nourriture d'appoint non négligeable. Les tiges des feuilles entrent dans la confection de paniers et le travail artisanal de l'osier ; les feuilles tissées, dans la fabrication des couchettes et des sacs ; les fibres des tiges et des feuilles, dans celle des cordages.
Cet arbre d’une rare utilité est aujourd’hui menacé de disparition dans le sahel dans la mesure où tous les dattiers du sahel occidental ont séché les uns après les autres et seules quelques survivances sont visibles çà et là dans certains villages. Cette disparition n’est pas sans impacts sur les conditions de vie des populations sahéliennes en général et des ménages des pasteurs en particulier.
Il faut noter qu’une large documentation sur le palmier est disponible dans les pays maghrébins mais aussi en Mauritanie où la culture du palmier est en plein essor. Au niveau du Mali, nos recherches nous ont montré que nos chercheurs ne se sont pas beaucoup penchés sur cet arbre et ce n’est que très récemment que ce travail est entrain d’être fait dans la région de Tombouctou en collaboration avec les spécialistes venus de la Lybie.
Devant cette situation, OMADEZA et le Réseau Yiriba Suma proposent de mener dans le cercle de Nioro du Sahel une étude prospective sur les causes de la disparition des dattiers et demander aux spécialistes Mauritaniens du palmier dattier (qui sont voisins géographique de la zone de recherche) à proposer aux populations de nouvelles stratégies adaptées pour la régénération de cette espèce en voie de disparition qui était considérée comme une espèce résistante à la sécheresse.